Une spéciale enfin plus tranquille pour le buggy de Thierry Magnaldi. En effet, Thierry a lui aussi adopté un rythme de croisière plus rapide : « Partir 48ème n’est pas une affaire lorsque l’on se retrouve derrière les camions. On a beau être plus rapide, ces derniers ne font aucun effort pour se faire dépasser alors avec la poussière qu’ils soulèvent mieux vaut rester sur la piste car la visibilité est quasi nulle. Nous avons cependant réussi une belle spéciale malgré 2 arrêts bien involontaires pour réparer un tuyau de gonflage indispensable dans les dunes et pour pelleter un peu…Les dunes sur la seconde partie étaient dantesques ! Le niveau d’adrénaline est monté assez haut mais nous avons réussi à rallier l’arrivée ».

La 6ème étape du Dakar 2012 qui devait initialement amener les équipages Dessoude depuis l’Argentine jusqu’au Désert de l’Atacama au Chili a été annulée en raison des conditions météorologiques. En effet, la neige et le froid paralysent les cols des Andes et entravent le déroulement de l’épreuve. La caravane du Team a donc du se résigner à rentrer au Chili en convoi et rallier le bivouac par la route.
Après la canicule et des températures de 45° puis les fortes pluies qui ont raviné les pistes et contraints les membres du team à faire face à la boue, c’est maintenant la neige et le froid qui affectent le Team Dessoude. Le sorcier de Saint-Lô est aujourd’hui contraint de conduire ses troupes sur une interminable liaison de 641 kilomètres dans les neiges chiliennes : « La température avoisine 0° et le col de la Paso San Francisco, situé à 4700 mètres, a été fermé car impraticable. Ici, les éléments se déchaînent sans commune mesure avec l’Europe. Tout est au superlatif et il faut rester très humble devant la nature et les paysages qui sont époustouflants.
L’équipe l’a bien compris et on imagine assez bien les difficultés des buggys privés de fenêtres et de chauffage dans ces conditions extrêmes. Nous nous sommes donc organisés en conséquence : les camions d’assistance roulent ensemble, les voitures de course ont passé les frontières et nous fermons la route. Tous les équipages du team sont bien présents et même si ils auraient préférés se mesurer au désert de l’Atacama, ce n’est que partie remise et ils savourent malgré eux ces vacances forcées. Hier soir, Frédéric Chavigny et Jean Brucy qui manquaient à l’appel ont été rejoints par le camion d’assistance rapide qui partait, conformément au règlement, parmi les derniers. L’assistance a pu remédier au problème d’alimentation d’essence. Bien que très retardé, l’équipage est rentré au bivouac, il est classé et repartira en course dès demain. Il reste très motivé et cela nous promet une remontée fulgurante en course comme au classement général ».

Compte tenu de l’aggravation continuelle des conditions météo sur la Cordillère des Andes (pluie et neige), les autorités chiliennes ont été contraintes de fermer la frontière au Paso de San Francisco qui culmine à 4700 mètres d’altitude.
Pour la 7eme fois, le Dakar s’apprête à franchir la Cordillère des Andes, et tenant compte des conditions très défavorables, ajoutées à la dégradation du parcours battu ces dernières heures par la pluie et la neige, dans le souci de garantir la sécurité des concurrents et des accompagnateurs du rallye, les organisateurs ont décidé de faire passer en convoi l’ensemble des véhicules.
Seconde journée difficile de suite pour Thierry Magnaldi associé à François Borsotto : « Demain l’objectif, c’est de ne pas sortir de la voiture ! Car aujourd’hui nous étions dans les mêmes temps que nos adversaires avant d’être obligés de nous arrêter. Nous avons arraché le raccord de purge du radiateur, donc surchauffe et séance de mécanique. Celle-ci a été rendue complexe par l’eau qui ne fait pas bon ménage avec les interventions. Au bilan, nous avons perdu 1H15 pour une petite vis… C’est énervant, mais la chance va finir par nous sourire »
La journée galère est cette fois-ci pour Thierry et François pourtant partis pour une belle spéciale : « Nous avions entamé l’épreuve du jour avec du rythme avec pour objectif de bien terminer pour partir demain dans le bon wagon. Hélas, nous avons du faire face à trois crevaisons… Les buggys n’apprécient pas les cailloux. Isabelle s’est heureusement arrêtée pour nous passer une roue mais cela ne nous a pas empêchés de terminer la spéciale sur une roue crevée. Mais demain est un autre jour, même si on aurait apprécié de partir en meilleure position dans la spéciale ».
Thierry et François ont fait mieux que les autres protagonistes à la victoire du podium 2 roues motrices. Hélas en fin de spéciale, ils ont du laisser échapper leur leadership : « Bien meilleure journée qu’hier et dans l’ensemble bon rythme, bonne navigation, bonnes sensations. Mais voilà, une crevaison en fin de parcours nous a fait perdre du temps précieux. Maintenant nous reprenons tout de même quelques places au général et nous sommes au pied du podium. La course est encore très très longue… »
Thierry et Francois ont connu une journée agitée et même s’ils perdent du temps ce soir au général, ils demeurent parmi les favoris du classement 2 roues motrices : « Nous avons commencé par heurter une pierre dans une poussière très dense à quelques 15 kilomètres du départ. Il nous a fallu changer la roue, oui mais voilà, c’était la première fois que cela nous arrivait. Nous manquions un peu de rodage et nous avons perdu trop de temps. Puis à 10 kilomètres de l’arrivée alors que nous remontions au classement, nous avons hélas arraché un tuyau de gonflage arrière dans les hautes herbes très piégeuses. Nous avons tenté de réparer pour finalement terminer la spéciale avec à peine 300 grammes de pression dans le pneumatique. C’est un peu frustrant car nous marchons bien, mais la course et longue et rien n’est encore joué ».
Thierry a effectué une excellente première spéciale confirmant que l’alchimie avec Francois Borsotto et le Buggy devrait être gagnante : « Nous avons roulé prudemment car perturbés par la poussière. Mais c’était une répétition afin d’étudier les réactions de la voiture, qui est parfaite. Demain nous partons de minute en minute, ce devrait être plus facile et on rentrera vraiment dans le Dakar »